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Principes

Ecole Jean-Jaurès

1, place Jules-Ferry

69300 Caluire-et-Cuire

 

Tél./Fax : 04 78 29 58 58 JeanJaurès@pplication

Bilan de la réforme des rythmes scolaires 2014-2018 :

Réunion du Conseil d’Ecole Mardi 5 juin 2018

Déontologie enseignante / Une école tiers-lieu



Formation : cliquer sur l'image

  

"Des racines & des ailes"
Devises de l'école Jean-Jaurès de Caluire

" On n'enseigne pas ce que l'on sait ni ce que l'on veut, mais CE QUE L'ON EST. " Jean Jaurès

L’Ecole Jean-Jaurès s’emploie à concilier l’Harmonie au sein de l’équipe des Maîtres avec la Liberté pédagogique de chacun. Elle fait le choix de préserver la Relation "Maître-élève(s)” et la Polyvalence de l'Instituteur, afin d’offrir aux élèves et à leurs parents un cadre stable, discipliné et une règle du jeu claire.

L’intérêt des élèves est prioritaire en toutes circonstances.

D'un côté, l'attention portée à un seul, de l'autre, le souci du collectif.



The children quickly grasp what mom and/or dad want to hear and provide information that fits what mom and/or dad want to hear.  There is no way to stop this from happening.

Les enfants saisissent rapidement ce que maman et / ou papa veulent entendre et fournissent l'information qui correspond à ce que maman et / ou papa veulent entendre. Il n'y a aucun moyen d'empêcher cela.

W. B H. 8 janvier 2017




  C'est l'honneur des individus de travailler à une oeuvre qui les dépasse  
 et dont ils ne verront pas le plein accomplissement.

  Le premier des droits de l'homme c'est la liberté individuelle,
  la liberté de la propriété, la liberté de la pensée, la liberté du travail.  

 Partir du réel pour aller à l'idéal.

Jean Jaurès

Médaille en bronze de Georges CROUZAT transmise de Directeur en Directeur
à l'école Jean-Jaurès de Caluire


"A l'école, le bon sens est révolutionnaire."
François Bayrou


Un spécialiste de l’évaluation, un chercheur qui travaillait à la direction ministérielle de l'évaluation et de la prospective, me disait que si on faisait abstraction des 15% d'établissements qui sont en perdition dans des quartiers en perdition, la France serait numéro un dans l’enquête Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).

Luc Ferry 2-12-2013

Ministre de l’Education Nationale (2002-2004)




"Rien ne se fait sans un peu d'enthousiasme."
Voltaire




Une équipe qui se réunit beaucoup
c'est une équipe dont quelqu'un veut prendre le contrôle
c'est une équipe à qui quelqu'un veut imposer ses choix 
c'est une équipe qui fonctionnait bien dont quelqu'un a peur  
c'est une équipe qui ne fonctionne pas bien

Jean Hermil 4-10-10



« On ne confie pas à des pessimistes, à des coeurs secs et sans enthousiasme, le développement du germe fragile et précieux d’une personnalité humaine. » Madeleine Danielou

On entend souvent dire : « Qu’elle est difficile cette classe, qu’ils sont agités ces élèves. ».
N’est-ce pas souvent un raisonnement simpliste, une parole rapide ?
Pourquoi ne pose-t-on jamais les mots suivants :

« Ce que j’ai fait ce matin n’était pas assez préparé,
je n’ai pas réussi à motiver mes élèves, je suis arrivé sans entrain ». 

Et si pour une fois le discours se posait du côté de l’enseignant ? Et si pour une fois la parole interrogeait nos actes éducatifs avant notre regard souvent sec et sans enthousiasme sur quelques élèves ? Balayons notre scepticisme, engageons-nous dans des actes fervents, devenons ou redevenons des enseignants, des formateurs, des éducateurs passionnés au travers desquels les élèves se reconnaîtront. Thierry Chevallier (Directeur Oratoire)


La Liberté Pédagogique

Ce que dit la Loi, qui s'impose à TOUS

L’Assemblée Nationale et le Sénat l'ayant adoptée,
Le Conseil Constitutionnel l'ayant validée
(décision n° 2005-512 DC du 21 avril 2005),
Le Président de la République a promulgué
la LOI D’ORIENTATION ET DE PROGRAMME POUR L’AVENIR DE L’ÉCOLE
L. n° 2005-380 du 23-4-2005. JO du 24-4-2005
/NOR : MENX0400282L / RLR : 190-1 à 190-9 / MEN - DESCO

L'Article 48 de cette Loi fait référence à l'Article L.912-1-1 du Code de l'Education, ainsi rédigé :

"La liberté pédagogique de l'enseignant s'exerce dans le respect des programmes et des instructions du Ministre chargé de l'éducation nationale et dans le cadre du projet d'école ou d'établissement avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d'inspection."


Credo

François Bayrou, Ministre de l'Education Nationale (1993-1997)
 "1990-2000 La décennie des mal-appris" - Editeur : Flammarion - Date : 1992


"Qui mieux que l’instituteur peut choisir la bonne méthode pour apprendre à l'enfant qui est en face de lui et qu’il apprend tous les jours à connaître ? Certainement pas en tout cas un bureaucrate parisien enfermé dans son bureau qui ne voit pas un enfant de la journée." Nicolas Sarkozy - Discours Maisons-Alfort (02/02/07)
 


Tout dépend de la personnalité de celui qui enseigne: les élèves sont capables de faire des merveilles avec n'importe quelles méthodes (même les plus usagées) pourvu que celui qui enseigne soit neuf, vif, fort, léger, calme et convaincant. Auteur x


On peut préparer une didactique la plus élaborée possible, si le relationnel avec tous les élèves de la classe et avec chacun d'entre eux n'est pas en place, on court à l'échec. Dominique Ginet


Je sais que j'enseigne mal si la classe ne m'écoute pas, et je suis assez honnête, en mes moments de lucidité, pour ne pas en vouloir à mes gosses. Alexander Sutherland Neill




CONVENTION SUR LES DROITS DE L’ENFANT
Texte officiel

http://www.droitsenfant.com/cide.htm

Article 28
1- Les Etats parties reconnaissent le droit de l’enfant à l’éducation, et en particulier, en vue d’assurer l’exercice de ce droit progressivement et sur la base de l’égalité des chances
a) Ils rendent l’enseignement primaire obligatoire et gratuit pour tous;
b) Ils encouragent l’organisation de différentes formes d’enseignement secondaire, tant général que professionnel, les rendent ouvertes et accessibles à tout enfant, et prennent des mesures appropriées telles que l’instauration de la gratuité de l’enseignement et l’offre d’une aide financière en cas de besoin;
c) Ils assurent à tous l’accès à l’enseignement supérieur, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés;
d) Ils rendent ouvertes et accessibles à tout enfant l’information et l’orientation scolaires et professionnelles;
e) Ils prennent des mesures pour encourager la régularité de la fréquentation scolaire et la réduction des taux d’abandon scolaire.
2- Les Etats parties prennent toutes les mesures appropriées pour veiller à ce que la discipline scolaire soit appliquée d'une manière compatible avec la dignité de l’enfant en tant qu’être humain et conformément à la présente Convention.
3- Les Etats parties favorisent et encouragent la coopération internationale dans le domaine de l’éducation, en vue notamment de contribuer à éliminer l’ignorance et l’analphabétisme dans le monde et de faciliter l’accès aux connaissances scientifiques et techniques et aux méthodes d’enseignement modernes. A cet égard, il est tenu particulièrement compte des besoins des pays en développement.
Article 29
1- Les Etats parties conviennent que l’éducation de l’enfant doit viser à
a) Favoriser l’épanouissement de la personnalité de l’enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités;
b) Inculquer à l’enfant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, et des principes consacrés dans la charte des Nations unies;
c) Inculquer à l’enfant le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que le respect des valeurs nationales du pays dans lequel il vit, du pays duquel il peut être originaire et des civilisations différentes de la sienne;
d) Préparer l’enfant à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre, dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance, d’égalité entre les sexes et d’amitié entre tous les peuples et groupes ethniques, nationaux et religieux, et avec les personnes d’origine autochtone;
e) Inculquer à l’enfant le respect du milieu naturel.
2- Aucune disposition du présent article ou de l’article 28 ne sera interprétée d’une manière qui porte atteinte à la liberté des personnes physiques ou morales de créer et de diriger des établissements d’enseignement, à condition que les principes énoncés au paragraphe 1 du présent article soient respectés et que l’éducation dispensée dans ces établissements soit conforme aux normes minimales que l’Etat aura prescrites.
Article 30
Dans les Etats où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques ou des personnes d’origine autochtone, un enfant autochtone ou appartenant à une de ces minorités ne peut être privé du droit d’avoir sa propre vie culturelle, de professer et de pratiquer sa propre religion ou d’employer sa propre langue en commun avec les autres membres de son groupe.
Article 31
1- Les Etats parties reconnaissent à l’enfant le droit au repos et aux loisirs, de se livrer au jeu et à des activités récréatives propres à son âge, et de participer librement à la vie culturelle et artistique.
2- Les Etats parties respectent et favorisent le droit de l’enfant de participer pleinement à la vie culturelle et artistique, et encouragent l’organisation à son intention de moyens appropriés de loisirs et d’activités récréatives, artistiques et culturelles, dans des conditions d’égalité.


 

Texte d’Alain Finkielkraut, extrait de: Les droits de l’enfant, Actes du colloque européen des 8, 9 et 10 novembre 1990, à Amiens, C.R.D.P. d'Amiens.

Alain Finkielkraut s'exprime à propos de la convention des droits de l’enfant ratifiée par la France le 2 juillet 1990.

Par ailleurs, une telle Convention est contradictoire dans sa générosité même. Elle est non seulement foncièrement et scandaleusement irréaliste mais également contradictoire puisqu’elle affirme sous le nom de « droits de l’enfant » deux exigences difficilement conciliables, deux exigences disjointes. La première exigence pour laquelle notre droit positif a déjà pris, depuis un certain nombre d’années, toutes les mesures nécessaires, c’est l’exigence de protection des enfants: les enfants ont des droits spéciaux précisément du fait qu’ils ne sont pas des adultes et il y a quelque chose de foncièrement malhonnête et d’atrocement dangereux à les traiter comme des adultes. Notre droit le sait. D’autres droits ne le savent pas, mais notre droit français n’a pas besoin d’une convention internationale pour le lui rappeler. Mais il y a dans cette Convention une autre exigence, un autre concept qui émerge au travers des articles 12 à 16: « Les États parties garantissent à l’enfant qui est capable de discernement » on met quand même ce petit bémol: ce n’est pas tout à fait le nourrisson, « le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question... » A partir de là, sont énoncés à peu près tous les droits du citoyen. On ne voit d’ailleurs pas pourquoi les États parties ne garantiraient pas à l’enfant le droit de vote. Je pense qu’il faudrait ajouter un article. Après tout, s’il a le droit de s’exprimer librement et s’il est capable de se forger une opinion, on ne voit pas pourquoi il ne pourrait pas exprimer cette opinion au moment où « ça compte ». Soit « ça compte pour du beurre » et à ce moment-là, il est un enfant; soit « ça ne compte plus pour du beurre » et à ce moment-là, il faut qu’il vote. A partir de quel âge? Il faudrait savoir ce que les rédacteurs de cette Convention entendent par « l’enfant capable de discernement ».
Donc émerge un nouveau concept: celui d’enfant citoyen. Je crois qu’il y a là une contradiction, car la protection de l'enfant a été pensée, dans le droit social, dans toutes les formes du droit, par des gens qui savaient que l’enfant n’était pas citoyen et qu’il méritait précisément, vu sa fragilité, vu sa spécificité, un certain nombre de garanties spéciales qui n'étaient plus offertes à l’adulte responsable de lui-même.
Alors il faut choisir. Soit on essaie d’améliorer effectivement la protection de l’enfant et on n’essaie alors pas de lui garantir le droit au bonheur, à la récréation, etc.; soit on fait émerger le concept d’enfant citoyen. Je crois que les deux choses sont inconciliables, dans la mesure où, si l’enfant est citoyen, s’il a le droit de s’exprimer librement, c’est qu’il est en effet responsable et s’il est responsable, on peut se demander quel droit nous avons de pourchasser ceux qui le manipulent. En effet, il n’est plus manipulé puisqu’il est responsable et ses manipulateurs ne se voient pas.
Dans ce cas, quel droit avons-nous, par exemple, de mettre en cause les sectes ? Quel droit avons-nous, par exemple, de mettre en cause - c’est un problème beaucoup plus général et beaucoup moins périphérique dans notre société - les publicitaires? La manipulation publicitaire de l’enfant, aujourd’hui, est quotidienne et elle est le lot de nos sociétés. Par delà la publicité, la manipulation par l’industrie du divertissement, qui fait de l’enfant une sorte de consommateur privilégié, de client particulièrement visé, sera désormais sans limite puisqu’au lieu d’être dénoncée ou contrôlée au nom de la protection de l’enfant, elle est frappée d’inexistence au nom de l’« enfant citoyen ». L’enfant est responsable de ce qu’il pense, il s’exprime, il faut l’écouter et il n’est donc pas manipulé, il n’est pas conditionné, il n’y a pas de programmation possible de l’enfant. Le discours qui sort de sa bouche est immédiatement à prendre pour argent comptant, comme son opinion, comme l’opinion qu’il exprime. La distance installée par le concept traditionnel de l'enfant entre ce qu’il dit et ce qui est vraiment de lui-même est annulée par une telle Convention ; elle ne peut plus exister. (...)

Traiter l’enfant en personne non responsable, c’est le respecter. Traiter l'enfant en personne responsable, c’est risquer de l’abîmer à jamais. Or c'est vers cela qu’on s’oriente. Autrement dit, le thème de l’enfant citoyen, de l’enfant adulte, de l’enfant responsable expose l’enfant. Voilà pourquoi il y a une contradiction massive et concrète entre la volonté de le protéger mieux et celle de faire de lui un être « déjà au complet ».


LETTRE DE JULES FERRY

Monsieur l’Instituteur,

Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu'où il vous est permis d'aller dans votre enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir. Au moment de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s'il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire. Si étroit que vous semble peut-être un cercle d’action ainsi tracé, faites-vous un devoir d'honneur de n’en jamais sortir, restez en deçà de cette limite plutôt que de vous exposer à la franchir; vous ne toucherez jamais avec trop de scrupules à cette chose délicate et sacrée qui est la conscience de l'enfant.

Jules Ferry, Président du Conseil,
Ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts
(17 novembre 1883)


Texte intégral de la circulaire du 17 novembre 1883 concernant l'enseignement moral et civique, écrite par Jules Ferry, Ministre de l'Instruction publique, adressée aux Instituteurs,

"Aux affaires" depuis le 30 janvier 1879, Jules Ferry (qui occupait à la fois la Présidence du Conseil et le Ministère de l'Instruction publique) quitta son poste le 17 novembre 1883. Avant de partir, il adressa aux instituteurs cette lettre concernant l'enseignement moral et civique :

Paris, le 17 novembre 1883

Monsieur l'Instituteur,

L'année scolaire qui vient de s'ouvrir sera la seconde année d'application de la loi du 28 mars 1882. Je ne veux pas la laisser commencer sans vous adresser personnellement quelques recommandations qui sans doute ne vous paraîtront pas superflues après la première année d'expérience que vous venez de faire du régime nouveau. Des diverses obligations qu'il vous impose, celle assurément qui vous tient le plus à cœur, celle qui vous apporte le plus lourd surcroît de travail et de souci, c'est la mission qui vous est confiée de donner à vos élèves l'éducation morale et l'instruction civique : vous me saurez gré de répondre à vos préoccupations en essayant de bien fixer le caractère et l'objet de ce nouvel enseignement ; et, pour y mieux réussir, vous me permettrez de me mettre un instant à votre place, afin de vous montrer, par des exemples empruntés au détail même de vos fonctions, comment vous pourrez remplir à cet égard tout votre devoir et rien que votre devoir.

La loi du 28 mars se caractérise par deux dispositions qui se complètent sans se contredire : d'une part, elle met en dehors du programme obligatoire l'enseignement de tout dogme particulier, d'autre part elle y place au premier rang l'enseignement moral et civique. L'instruction religieuse appartient aux familles et à l'église, l'instruction morale à l'école.

Le législateur n'a donc pas entendu faire une œuvre purement négative. Sans doute il a eu pour premier objet de séparer l'école de l'église, d'assurer la liberté de conscience et des maîtres et des élèves, de distinguer enfin deux domaines trop longtemps confondus, celui des croyances qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connaissances qui sont communes et indispensables à tous. Mais il y a autre chose dans la loi du 28 mars : elle affirme la volonté de fonder chez nous une éducation nationale et de la fonder sur des notions du devoir et du droit que le législateur n'hésite pas à inscrire au nombre des premières vérités que nul ne peut ignorer.

Pour cette partie capitale de l'éducation, c'est sur vous, Monsieur, que les pouvoirs publics ont compté. En vous dispensant de l'enseignement religieux, on n'a pas songé à vous décharger de l'enseignement moral : c'eût été vous enlever ce qui fait la dignité de votre profession. Au contraire, il a paru tout naturel que l'instituteur, en même temps qu'il apprend aux enfants à lire et à écrire, leur enseigne aussi ces règles élémentaires de la vie morale qui ne sont pas moins universellement acceptées que celles du langage et du calcul.

En vous conférant de telles fonctions, le Parlement s'est-il trompé ? A-t-il trop présumé de vos forces, de votre bon vouloir, de votre compétence ? Assurément il eût encouru ce reproche s'il avait imaginé de charger tout à coup quatre-vingt mille instituteurs et institutrices d'une sorte de cours ex professo sur les principes, les origines et les fins dernières de la morale. Mais qui jamais a conçu rien de semblable ? Au lendemain même du vote de la loi, le Conseil supérieur de l'instruction publique a pris soin de vous expliquer ce qu'on attendait de vous, et il l'a fait en des termes qui défient toute équivoque. Vous trouverez ci-inclus un exemplaire des programmes qu'il a approuvés et qui sont pour vous le plus précieux commentaire de la loi : je ne saurais trop vous recommander de les relire et de vous en inspirer. Vous y puiserez la réponse aux deux critiques opposées qui vous parviennent. Les uns vous disent : Votre tâche d'éducateur moral est impossible à remplir. Les autres : Elle est banale et insignifiante. C'est placer le but ou trop haut ou trop bas. Laissez-moi vous expliquer que la tâche n'est ni au-dessus de vos forces ni au-dessous de votre estime, qu'elle est très limitée et pourtant d'une très grande importance, - extrêmement simple, mais extrêmement difficile.

J'ai dit que votre rôle en matière d'éducation morale est très limité. Vous n'avez à enseigner à proprement parler rien de nouveau, rien qui ne vous soit familier comme à tous les honnêtes gens. Et quand on vous parle de mission et d'apostolat, vous n'allez pas vous y méprendre : vous n'êtes point l'apôtre d'un nouvel évangile ; le législateur n'a voulu faire de vous ni un philosophe, ni un théologien improvisé. Il ne vous demande rien qu'on ne puisse demander à tout homme de cœur et de sens. Il est impossible que vous voyiez chaque jour tous ces enfants qui se pressent autour de vous, écoutant vos leçons, observant votre conduite, s'inspirant de vos exemples, à l'âge où l'esprit s'éveille, où le cœur s'ouvre, où la mémoire s'enrichit, sans que l'idée vous vienne aussitôt de profiter de cette docilité, de cette confiance, pour leur transmettre, avec les connaissances scolaires proprement dites, les principes mêmes de la morale, j'entends simplement de cette bonne et antique morale que nous avons reçue de nos pères et que nous nous honorons tous de suivre dans les relations de la vie sans nous mettre en peine d'en discuter les bases philosophiques.

Vous êtes l'auxiliaire et, à certains égards, le suppléant du père de famille ; parlez donc à son enfant comme vous voudriez que l'on parlât au vôtre ; avec force et autorité, toutes les fois qu'il s'agit d'une vérité incontestée, d'un précepte de la morale commune ; avec la plus grande réserve, dès que vous risquez d'effleurer un sentiment religieux dont vous n'êtes pas juge.

Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu'où il vous est permis d'aller dans votre enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir : avant de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s'il se trouve, à votre connaissance, un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ; sinon, parlez hardiment, car ce que vous allez communiquer à l'enfant, ce n'est pas votre propre sagesse, c'est la sagesse du genre humain, c'est une de ces idées d'ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l'humanité. Si étroit que vous semble, peut-être, un cercle d'action ainsi tracé, faites-vous un devoir d'honneur de n'en jamais sortir, restez en deçà de cette limite plutôt que de vous exposer à la franchir : vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule à cette chose délicate et sacrée, qui est la conscience de l'enfant.

Mais une fois que vous vous êtes ainsi loyalement enfermé dans l'humble et sûre région de la morale usuelle, que vous demande-t-on ? Des discours ? Des dissertations savantes ? De brillants exposés, un docte enseignement ? Non, la famille et la société vous demandent de les aider à bien élever leurs enfants, à en faire des honnêtes gens. C'est dire qu'elles attendent de vous non des paroles, mais des actes, non pas un enseignement de plus à inscrire au programme, mais un service tout pratique que vous pourrez rendre au pays plutôt encore comme homme que comme professeur.

Il ne s'agit plus là d'une série de vérités à démontrer mais, ce qui est tout autrement laborieux, d'une longue suite d'influences morales à exercer sur de jeunes êtres, à force de patience, de fermeté, de douceur, d'élévation dans le caractère et de puissance persuasive. On a compté sur vous pour leur apprendre à bien vivre par la manière même dont vous vivez avec eux et devant eux. On a osé prétendre pour vous à ce que d'ici quelques générations les habitudes et les idées des populations au milieu desquelles vous aurez exercé attestent les bons effets de vos leçons de morale. Ce sera dans l'histoire un honneur particulier pour notre corps enseignant d'avoir mérité d'inspirer aux Chambres françaises cette opinion, qu'il y a dans chaque instituteur, dans chaque institutrice, un auxiliaire naturel du progrès moral et social, une personne dont l'influence ne peut manquer en quelque sorte d'élever autour d'elle le niveau des mœurs. Ce rôle est assez beau pour que vous n'éprouviez nul besoin de l'agrandir. D'autres se chargeront plus tard d'achever l'œuvre que vous ébauchez dans l'enfant et d'ajouter à l'enseignement primaire de la morale un complément de culture philosophique ou religieuse. Pour vous, bornez-vous à l'office que la société vous assigne et qui a aussi sa noblesse : poser dans l'âme des enfants les premiers et solides fondements de la simple moralité.

Dans une telle œuvre, vous le savez, Monsieur, ce n'est pas avec des difficultés de théorie et de haute spéculation que vous avez à vous mesurer ; c'est avec des défauts, des vices, des préjugés grossiers. Ces défauts, il ne s'agit pas de les condamner - tout ne les condamne-t-il pas ? - mais de les faire disparaître par une succession de petites victoires obscurément remportées. Il ne suffit donc pas que vos élèves aient compris et retenu vos leçons, il faut surtout que leur caractère s'en ressente : ce n'est pas dans l'école, c'est surtout hors de l'école qu'on pourra juger ce qu'a valu votre enseignement.

Au reste, voulez-vous en juger vous-même dès à présent et voir si votre enseignement est bien engagé dans cette voie, la seule bonne : examinez s'il a déjà conduit vos élèves à quelques réformes pratiques. Vous leur avez parlé, par exemple, du respect dû à la loi : si cette leçon ne les empêche pas, au sortir de la classe, de commettre une fraude, un acte, fût-il léger, de contrebande ou de braconnage, vous n'avez rien fait encore ; la leçon de morale n'a pas porté.

Ou bien vous leur avez expliqué ce que c'est que la justice et que la vérité : en sont-ils assez profondément pénétrés pour aimer mieux avouer une faute que de la dissimuler par un mensonge, pour se refuser à une indélicatesse ou à un passe-droit en leur faveur ?

Vous avez flétri l'égoïsme et fait l'éloge du dévouement : ont-ils, le moment d'après, abandonné un camarade en péril pour ne songer qu'à eux-mêmes ? Votre leçon est à recommencer.

Et que ces rechutes ne vous découragent pas. Ce n'est pas l'œuvre d'un jour de former ou de réformer une âme libre. Il y faut beaucoup de leçons sans doute, des lectures, des maximes écrites, copiées, lues et relues ; mais il y faut surtout des exercices pratiques, des efforts, des actes, des habitudes. Les enfants ont en morale un apprentissage à faire, absolument comme pour la lecture ou le calcul. L'enfant qui sait reconnaître et assembler des lettres ne sait pas encore lire ; celui qui sait les tracer l'une après l'autre ne sait pas écrire. Que manque-t-il à l'un et à l'autre ? La pratique, l'habitude, la facilité, la rapidité et la sûreté de l'exécution. De même, l'enfant qui répète les premiers préceptes de la morale ne sait pas encore se conduire : il faut qu'on l'exerce à les appliquer couramment, ordinairement, presque d'instinct ; alors seulement la morale aura passé de son esprit dans son cœur, et elle passera de là dans sa vie ; il ne pourra plus la désapprendre.

De ce caractère tout pratique de l'éducation morale à l'école primaire, il me semble facile de tirer les règles qui doivent vous guider dans le choix de vos moyens d'enseignement.

Une seule méthode vous permettra d'obtenir les résultats que nous souhaitons. C'est celle que le Conseil supérieur vous a recommandée : peu de formules, peu d'abstractions, beaucoup d'exemples et surtout d'exemples pris sur le vif de la réalité. Ces leçons veulent un autre ton, une autre allure que tout le reste de la classe, je ne sais quoi de plus personnel, de plus intime, de plus grave. Ce n'est pas le livre qui parle, ce n'est même plus le fonctionnaire, c'est pour ainsi dire le père de famille dans toute la sincérité de sa conviction et de son sentiment.

Est-ce à dire qu'on puisse vous demander de vous répandre en une sorte d'improvisation perpétuelle sans aliment et sans appui du dehors ? Personne n'y a songé, et, bien loin de vous manquer, les secours extérieurs qui vous sont offerts ne peuvent vous embarrasser que par leur richesse et leur diversité. Des philosophes et des publicistes, dont quelques-uns comptent parmi les plus autorisés de notre temps et de notre pays, ont tenu à honneur de se faire vos collaborateurs, ils ont mis à votre disposition ce que leur doctrine a de plus pur et de plus élevé. Depuis quelques mois, nous voyons grossir presque de semaine en semaine le nombre des manuels d'instruction morale et civique. Rien ne prouve mieux le prix que l'opinion publique attache à l'établissement d'une forte culture morale par l'école primaire. L'enseignement laïque de la morale n'est donc estimé ni impossible, ni inutile, puisque la mesure décrétée par le législateur a éveillé aussitôt un si puissant écho dans le pays.

C'est ici cependant qu'il importe de distinguer de plus près entre l'essentiel et l'accessoire, entre l'enseignement moral qui est obligatoire, et les moyens d'enseignement qui ne le sont pas. Si quelques personnes, peu au courant de la pédagogie moderne, ont pu croire que nos livres scolaires d'instruction morale et civique allaient être une sorte de catéchisme nouveau, c'est là une erreur que ni vous, ni vos collègues, n'avez pu commettre. Vous savez trop bien que, sous le régime de libre examen et de libre concurrence qui est le droit commun en matière de librairie classique, aucun livre ne vous arrive imposé par l'autorité universitaire. Comme tous les ouvrages que vous employez, et plus encore que tous les autres, le livre de morale est entre vos mains un auxiliaire et rien de plus, un instrument dont vous vous servez sans vous y asservir.

Les familles se méprendraient sur le caractère de votre enseignement moral si elles pouvaient croire qu'il réside surtout dans l'usage exclusif d'un livre même excellent. C'est à vous de mettre la vérité morale à la portée de toutes les intelligences, même de celles qui n'auraient pour suivre vos leçons le secours d'aucun manuel ; et ce sera le cas tout d'abord dans le cours élémentaire. Avec de tout jeunes enfants qui commencent seulement à lire, un manuel spécial de morale et d'instruction civique serait manifestement inutile. A ce premier degré, le Conseil supérieur vous recommande, de préférence à l'étude prématurée d'un traité quelconque, ces causeries familières dans la forme, substantielles au fond, ces explications à la suite des lectures et des leçons diverses, ces mille prétextes que vous offrent la classe et la vie de tous les jours pour exercer le sens moral de l'enfant.

Dans le cours moyen, le manuel n'est autre chose qu'un livre de lectures qui s'ajoute à ceux que vous possédez déjà. Là encore, le Conseil, loin de vous prescrire un enchaînement rigoureux de doctrines, a tenu à vous laisser libre de varier vos procédés d'enseignement : le livre n'intervient que pour vous fournir un choix tout fait de bons exemples, de sages maximes et de récits qui mettent la morale en action.

Enfin, dans le cours supérieur, le livre devient surtout un utile moyen de réviser, de fixer et de coordonner ; c'est comme le recueil méthodique des principales idées qui doivent se graver dans l'esprit du jeune homme.

Mais, vous le voyez, à ces trois degrés, ce qui importe, ce n'est pas l'action du livre, c'est la vôtre. Il ne faudrait pas que le livre vînt en quelque sorte s'interposer entre vos élèves et vous, refroidir votre parole, en émousser l'impression sur l'âme de vos élèves, vous réduire au rôle de simple répétiteur de la morale. Le livre est fait pour vous, non vous pour le livre. Il est votre conseiller et votre guide, mais c'est vous qui devez rester le guide et le conseiller par excellence de vos élèves.

Pour vous donner tous les moyens de nourrir votre enseignement personnel de la substance des meilleurs ouvrages, sans que le hasard des circonstances vous enchaîne exclusivement à tel ou tel manuel, je vous envoie la liste complète des traités d'instruction morale et civique qui ont été, cette année, adoptés par les instituteurs dans les diverses académies ; la bibliothèque pédagogique du chef-lieu de canton les recevra du ministère, si elle ne les possède déjà, et les mettra à votre disposition. Cet examen fait, vous restez libre ou de prendre un de ces ouvrages pour en faire un des livres de lecture habituelle de la classe ; ou bien d'en employer concurremment plusieurs, tous pris, bien entendu, dans la liste générale ci-incluse ; ou bien encore, vous pouvez vous réserver de choisir vous-même, dans différents auteurs, des extraits destinés à être lus, dictés, appris. Il est juste que vous ayez à cet égard autant de liberté que vous avez de responsabilité. Mais quelque solution que vous préfériez, je ne saurais trop vous le redire, faites toujours bien comprendre que vous mettez votre amour-propre, ou plutôt votre honneur, non pas à faire adopter tel ou tel livre, mais à faire pénétrer profondément dans les jeunes générations l'enseignement pratique des bonnes règles et des bons sentiments.

Il dépend de vous, Monsieur, j'en ai la certitude, de hâter par votre manière d'agir le moment où cet enseignement sera partout non seulement accepté, mais apprécié, honoré, aimé, comme il mérite de l'être. Les populations mêmes dont on a cherché à exciter les inquiétudes ne résisteront pas longtemps à l'expérience qui se fera sous leurs yeux. Quand elles vous auront vu à l'œuvre, quand elles reconnaîtront que vous n'avez d'autre arrière-pensée que de leur rendre leurs enfants plus instruits et meilleurs, quand elles remarqueront que vos leçons de morale commencent à produire de l'effet, que leurs enfants rapportent de votre classe de meilleures habitudes, des manières plus douces et plus respectueuses, plus de droiture, plus d'obéissance, plus de goût pour le travail, plus de soumission au devoir, enfin tous les signes d'une incessante amélioration morale, alors la cause de l'école laïque sera gagnée, le bon sens du père et le cœur de la mère ne s'y tromperont pas, et ils n'auront pas besoin qu'on leur apprenne ce qu'ils vous doivent d'estime, de confiance et de gratitude.

J'ai essayé de vous donner, Monsieur, une idée aussi précise que possible d'une partie de votre tâche qui est, à certains égards, nouvelle, qui de toutes est la plus délicate ; permettez-moi d'ajouter que c'est aussi celle qui vous laissera les plus intimes et les plus durables satisfactions. Je serais heureux si j'avais contribué par cette lettre à vous montrer toute l'importance qu'y attache le gouvernement de la République et si je vous avais décidé à redoubler d'efforts pour préparer à notre pays une génération de bons citoyens.

Recevez, Monsieur l'instituteur, l'expression de ma considération distinguée.

Le Président du Conseil, Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts,

Jules Ferry


Lettre de Jean Jaurès aux instituteurs et institutrices

( La Dépêche de Toulouse, 15 janvier 1888)

Vous tenez en vos mains l'intelligence et l'âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie.
Les enfants qui vous sont confiés n'auront pas seulement à écrire, à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d'une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son his-toire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu'est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu'ils aient une idée de l'homme, il faut qu'ils sachent quelle est la racine de nos misères : l'égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fermeté unie à la tendresse. Il faut qu'ils puissent se représenter à grands traits l'espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l'instinct, et qu'ils démêlent les éléments principaux de cette oeuvre extraordinaire qui s'appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l'âme en éveillant en eux le sentiment de l'infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c'est par lui que nous triompherons du mal, de l'obscurité et de la mort.
Eh ! Quoi ? Tout cela à des enfants ! - Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler... J'entends dire : « À quoi bon exiger tant de l'école ? Est-ce que la vie elle-même n'est pas une grande institutrice ? Est-ce que, par exemple, au contact d'une démocratie ardente, l'enfant devenu adulte, ne comprendra pas de lui-même les idées de travail, d'égalité, de justice, de dignité humaine qui sont la démocratie elle-même ? » - Je le veux bien, quoiqu'il y ait encore dans notre société, qu'on dit agitée, bien des épaisseurs dormantes où croupissent les esprits. Mais autre chose est de faire, tout d'abord, amitié avec la démocratie par l'intelligence ou par la passion. La vie peut mêler, dans l'âme de l'homme, à l'idée de justice tardivement éveillée, une saveur amère d'orgueil blessé ou de misère subie, un ressentiment ou une souffrance. Pourquoi ne pas offrir la justice à nos coeurs tout neufs ? Il faut que toutes nos idées soient comme imprégnées d'enfance, c'est-à-dire de générosité pure et de sérénité.
Comment donnerez-vous à l'école primaire l'éducation si haute que j'ai indiquée ? Il y a deux moyens. Tout d'abord que vous appreniez aux enfants à lire avec une facilité absolue, de telle sorte qu'ils ne puissent plus l'oublier de la vie, et que dans n'importe quel livre leur oeil ne s'arrête à aucun obstacle. Savoir lire vraiment sans hésitation, comme nous lisons vous et moi, c'est la clef de tout....Sachant bien lire, l'écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée très haute de l'histoire de l'espèce humaine, de la structure du monde, de l'histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l'humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l'esprit ; il n'est pas nécessaire qu'il dise beaucoup, qu'il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu'il leur donnera concourent nettement à un tableau d'ensemble.
De ce que l'on sait de l'homme primitif à l'homme d'aujourd'hui, quelle prodigieuse transformation ! Et comme il est aisé à l'instituteur, en quelques traits, de faire, sentir à l'enfant l'effort inouï de la pensée humaine ! Seulement, pour cela, il faut que le maître lui-même soit tout pénétré de ce qu'il enseigne. Il ne faut pas qu'il récite le soir ce qu'il a appris le matin ; il faut, par exemple, qu'il se soit fait en silence une idée claire du ciel, du mouvement des astres ; il faut qu'il se soit émerveillé tout bas de l'esprit humain qui, trompé par les yeux, a pris tout d'abord le ciel pour une voûte solide et basse, puis a deviné l'infini de l'espace et a suivi dans cet infini la route précise des planètes et des soleils ; alors, et alors seulement, lorsque par la lecture solitaire et la méditation, il sera tout plein d'une grande idée et tout éclairé intérieurement, il communiquera sans peine aux enfants, à la première occasion, la lumière et l'émotion de son esprit. Ah ! Sans doute, avec la fatigue écrasante de l'école, il est malaisé de vous ressaisir ; mais il suffit d'une demi-heure par jour pour maintenir la pensée à sa hauteur et pour ne pas verser dans l'ornière du métier. Vous serez plus que payés de votre peine, car vous sentirez la vie de l'intelligence s'éveiller autour de vous.
Il ne faut pas croire que ce soit proportionner l'enseignement aux enfants que de le rapetisser. Les enfants ont une curiosité illimitée, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Il y a un fait que les philosophes expliquent différemment suivant les systèmes, mais qui est indéniable : « Les enfants ont en eux des germes de commencements d'idées. » Voyez avec quelle facilité ils distinguent le bien du mal, touchant ainsi aux deux pôles du monde ; leur âme recèle des trésors à fleur de terre ; il suffit de gratter un peu pour les mettre à jour. Il ne faut donc pas craindre de leur parler avec sérieux, simplicité et grandeur.
Je dis donc aux maîtres pour me résumer : lorsque d'une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque, d'autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années oeuvre complète d'éducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront.


Code de déontologie de l'Instituteur

 

L'Instituteur respecte les droits fondamentaux de l'enfant.

Il favorise l'épanouissement de la personnalité de l'enfant.

Il met tout en œuvre pour un développement optimal de l'enfant.

Il contribue à la socialisation de l'enfant et à son intégration au sein de la classe.

Il associe les élèves à l'élaboration des règles nécessaires à la vie commune.

Il est à l'écoute de l'enfant et des informations le concernant.

Il l'assiste si son intégrité physique ou morale est menacée.

Il évite toute forme de discrimination.

Il s’engage à respecter la législation en vigueur et les valeurs fondamentales
de l’Education Nationale, dont en particulier
les principes de neutralité religieuse,
politique, syndicale, philosophique, associative et commerciale.

Il pratique un esprit de tolérance et s'efforce de le communiquer à ses élèves,
mais ne tolère pas ce qui est intolérable.

L'Instituteur agit en professionnel de l'éducation.

Il fait preuve de conscience professionnelle en toute occasion.

Il respecte les Programmes officiels et bénéficie de la liberté pédagogique,
sous le contrôle des autorités académiques.

Il se tient au courant de l'évolution des idées pédagogiques.

Il veille à développer constamment ses connaissances et compétences.

Il manifeste curiosité intellectuelle et ouverture au monde.

Il sait se mettre en question; il pratique son auto-évaluation.

Il fait preuve de sens critique, d'autonomie, d'initiative et sait prendre
ses responsabilités.

Il recherche un avis ou une aide extérieure s'il se trouve en difficulté.

Il intervient auprès d'un collègue qui ne respecterait pas les règles d'éthique
ou de tout autre membre des personnels de l'école
qui nuirait aux intérêts de l'enfant.
Il refuse la "loi du silence".

L'Instituteur contribue à créer un esprit de collégialité
au sein de son établissement.

Il travaille à la construction d'une collaboration avec ses collègues
et les autres intervenants de l'école.

Il participe à l'élaboration des règles de son établissement
et contribue à les faire respecter.

Il tient compte avec objectivité des points de vue
et des compétences de ses collègues.

Il respecte le travail de ses collègues
et évite de rendre publiques d'éventuelles divergences.

Il participe à la défense de collègues injustement accusés.

Il soutient ses collègues en difficulté ;
il participe activement à la recherche de solutions.

L'Instituteur collabore le plus étroitement possible avec les parents.

Il respecte le devoir de réserve ou le secret de fonction lié à la profession.

Il seconde les parents dans leur tâche éducative.

Il est à l'écoute des parents et s'efforce de maintenir le dialogue.

         Il expose clairement ses objectifs pédagogiques
          et sait au besoin les adapter aux situations particulières de l'enfant.

Il utilise un mode d'évaluation transparent
et s'efforce de donner aux parents une information objective et transparente,
sur les modes d'évaluation et les critères de sélection
en vigueur dans le système éducatif.

Il n'abuse pas du pouvoir que lui confère sa profession.

L'Instituteur défend l'école publique en tant qu'institution démocratique.

Il se garde de toute forme de discrimination
en rapport avec la nationalité, l'appartenance ethnique,
 le niveau social, la religion, les opinions politiques, l'infirmité, la maladie.

Il contribue à la mise en valeur du métier d’Instituteur.

Il soutient l'élaboration et l'adoption de projets susceptibles
d'amener une amélioration dans l'éducation.

Il s'efforce de corriger
les inégalités de chances de réussite scolaire de ses élèves.

L'Instituteur s'efforce de respecter le présent code de déontologie.

*

(D'après le texte adopté par l'Assemblée des délégués
de la Société pédagogique de Suisse romande, le 14 juin 1997)

 

DÉCLARATION DES DEVOIRS DE L’HOMME
CONSTITUTION DE L’AN III (22 août 1795)

 

 

ARTICLE I
La déclaration des droits contient les obligations des législateurs : le maintien de la société demande que ceux qui la composent connaissent et remplissent également leurs devoirs.

ARTICLE II
Tous les devoirs de l’homme et du citoyen dérivent de ces deux principes, gravés par la nature et dans tous les coeurs : Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fit. Faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir.

ARTICLE III
Les obligations de chacun envers la société consistent à la défendre, à la servir, à vivre soumis aux lois, et a respecter ceux qui en sont les organes.

ARTICLE IV
Nul n’est bon citoyen s’il n’est bon fils, bon père, bon frère, bon ami, bon époux.

ARTICLE V
Nul n’est homme de bien s’il n’est franchement et religieusement observateur des lois.

ARTICLE VI
Celui qui viole ouvertement les lois se déclare en état de guerre contre la société.

ARTICLE VII
Celui qui, sans enfreindre ouvertement les lois, les élude par ruse ou par adresse, blesse les intérêts de tous ; il se rend indigne de leur bienveillance et de leur estime.

ARTICLE VIII
C’est sur le maintien des propriétés que reposent la culture de terres, toutes les productions, tout moyen de travail et tout l’ordre social.

ARTICLE IX
Tout citoyen doit ses services à la patrie et au maintien de la liberté, de l'égalité et de la propriété, toutes les fois que la loi l’appelle à les défendre.


 "We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal"

Déclaration d'Indépendance Américaine (4 juillet 1776)


"Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits"

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (26 août 1789)
 

 

Les Devoirs des Fonctionnaires

 

 

  • L’obligation de se consacrer entièrement à ses fonctions : en principe, un fonctionnaire ne peut en aucun cas cumuler ses fonctions avec une autre activité, privée ou publique. Il existe néanmoins des exceptions, par exemple pour les activités d'enseignement ou d’écriture.
  • L’obligation de discrétion professionnelle et de respect du secret professionnel : le fonctionnaire ne doit pas divulguer des informations ou des documents dont il a eu connaissance à l'occasion de ses fonctions, sous peine de sanctions disciplinaires ou pénales selon le cas.
  • Le devoir d’obéissance aux instructions de son supérieur hiérarchique. Néanmoins, cette règle a été atténuée depuis le Seconde Guerre mondiale. Le fonctionnaire doit au contraire refuser d’obéir à un ordre lorsqu’il est manifestement illégal et contraire à un intérêt public.
  • (Lorsque certains fonctionnaires de l'Education Nationale refusent de mettre en oeuvre une instruction officielle, ils se trompent lourdement : ils ne se trompent pas "pédagogiquement", mais "démocratiquement", dans le sens où le fonctionnaire se doit de mettre en oeuvre une politique voulue par le vote citoyen, à moins de laisser entendre qu'il disposerait du droit de modifier ou d'interpréter la Loi à sa guise : ce serait accepter l'arbitraire. Et si nous acceptions "cette désobéissance là", à quel titre pourrions-nous refuser à tel autre de décider de ne pas enseigner tel ou tel point des programmes ?) http://www.prepaclasse.net/fichiers/liberte.html
  • Le devoir de moralité, y compris en dehors du service : un fonctionnaire ne doit pas choquer par son attitude (alcoolisme, scandale public…), ni porter atteinte à la dignité de la fonction publique.
  • Le devoir de probité : le fonctionnaire ne doit pas utiliser les moyens du service à des fins personnelles, ni avoir d’intérêts dans les personnes morales de droit privé (ex : entreprises) que ses fonctions l’amènent à contrôler. Ce devoir est complémentaire à l'obligation de se consacrer à ses fonctions.
  • L’obligation de neutralité : le fonctionnaire doit assurer ses fonctions à l'égard de tous les administrés dans les mêmes conditions, quelles que soient leurs opinions religieuses ou politiques, leur origine, leur sexe, et doit s'abstenir de manifester ses opinions.

 http://www.vie-publique.fr/


Laïcité : neutralité religieuse,
politique, syndicale, philosophique, associative et commerciale.


Circulaires ministérielles ci-dessus affichées en permanence à la porte de l’école Jean-Jaurès : « La distribution de tracts et d’appels politiques est interdite soit à l’intérieur soit à l’extérieur de nos établissements d’enseignement public. Il ne saurait être toléré en aucun cas et en aucune manière que maîtres et élèves servent directement ou indirectement à quelque publicité commerciale que ce soit. Il convient d’écarter systématiquement toute sollicitation qui risquerait d’engager personnellement les maîtres dans une campagne publicitaire. Il est interdit aux maîtres de favoriser toute publicité ou pratique commerciale.»

Le Directeur de l'école s'assure que les documents à transmettre aux Parents d'élèves "respectent le principe de laïcité, les dispositions relatives à la vie privée et prohibant les injures et diffamations, et excluent toute propagande en faveur d'un parti politique ou d'une entreprise commerciale." Circulaire ministérielle 2006-137 du 25-8-2006


Règlement Intérieur de l’école Jean-Jaurès :

Article 36 : Il est interdit d’afficher dans l’école une opinion politique et religieuse. Aucun document d'origine politique, syndicale, religieuse, commerciale ou susceptible de perturber le fonctionnement de l'école ne peut être distribué aux élèves, tant à l’intérieur qu’à proximité de l’école. Aucune pression ne peut être exercée sur un enfant et sa famille dans le but de les contraindre à manifester un soutien à telle ou telle action de solidarité.

Conseil d'école du 1er juin 2010

Conformément à la Loi et à l’idéal de laïcité de Jules Ferry qui président en toute circonstance au sein d’une école publique, l’école Jean-Jaurès ne diffuse par l’intermédiaire des élèves que le strict nécessaire et obligatoire, c'est-à-dire les documents de la PEEP, de la FCPE, du Comité des Fêtes, les Circulaires réglementaires académiques, municipales et les informations du Directeur en lien direct avec le fonctionnement de l’école et des activités périscolaires et les Mots de la Maîtresse ou du Maître.

Il n’est donc pas possible de faire moins et mieux, sauf à ne distribuer qu’aux aînés, quand plusieurs enfants d’une même famille sont scolarisés à Jean-Jaurès, ce que les Maîtres se refusent à faire (sauf pour les élections des Représentants des Parents, car elles ne prévoient qu’un seul bulletin de vote pour papa et qu’un seul pour maman),

car il est bon que chaque enfant apprenne dès le CP à gérer son cahier de liaison et à « signaler » à ses parents les Mots qui s’y trouvent (au besoin, à les « défendre », à les « promouvoir » auprès d'eux),

car un mot « signalé » et signé trois fois a plus de chance de s’imprimer dans l’esprit de papa et de maman,

car ce n’est pas forcément l’aîné qui « défend » le mieux un mot à la maison,

car celui ou celle qui n’aurait pas de mot dans son cahier de liaison se sentirait exclu par rapport aux autres, en classe et à la maison,

car cela fait gagner du temps à la Maîtresse qui n’a pas « mille » vérifications à faire (A-t-il un frère aîné dans l’école ? Son frère aîné est-il présent à l’école ou bien absent car malade ou bien en classe de découverte ? Etc.).

car cela réduit au minimum les oublis, les erreurs… et assure la meilleure diffusion possible au diffuseur.

L’école est sollicitée TOUS LES JOURS par de multiples organismes (clubs, éditeurs, associations, églises, mouvements et vendeurs de toutes sortes…) à la recherche d’une diffusion de leur publicité facile, gratuite, efficace et bénéficiant, qui plus est, de la recommandation implicite de l’école (« si la Maîtresse distribue c’est que c’est bien, donc j’achète »). La plupart de ces organismes sont recommandables. Dès lors, pourquoi diffuser (privilégier) tel ou tel et pas tel autre ? Il faudrait donc les distribuer tous ! C’est pourquoi la réglementation recommande avec sagesse de n’en diffuser aucun et de rester NEUTRE. L’école Jean-Jaurès s’applique à résister aux pressions de toutes sortes et ses Maîtres refusent d’être utilisés ainsi que leurs élèves, pour faire pression commerciale ou autre sur les Parents.

Il est encore moins question que les Maîtres de Jean-Jaurès pratiquent la recommandation explicite (« j’achète, sinon la maîtresse ne sera pas contente » ou pire « les autres vont acheter donc je suis obligée d’acheter aussi pour ne pas pénaliser mon fils »), en travaillant pour un vendeur quel qu’il soit (recueil d’argent, collecte et transmission d’abonnements etc.), ce qui bien sûr est également strictement interdit.

La tombola du Comité des Fêtes et les photos de classe sont les seules ventes autorisées par l'intermédiaire des enfants. Les collectes de solidarité sont autorisées, si elles concernent directement ou de façon très proche l’école Jean-Jaurès (après avis des Représentants PEEP et FCPE). A titre très exceptionnel, une vente peut être organisée ou un parrainage mis en place, pour soutenir un Projet de classe particulier (après avis des Représentants PEEP et FCPE).

Toute opération commerciale en direction des Instituteurs est également interdite par la réglementation, dans les locaux de l’école, pendant le temps scolaire et périscolaire, et refusé par le Directeur, hors temps scolaire et périscolaire.


Conseil d'école 31 mai 2011

 . Collecte Gones et Timouns

RAPPEL : Des collectes de solidarité innombrables sont proposées à l’école.

L’école Jean-Jaurès limite strictement et au maximum son implication dans ce genre d'actions. La dernière collecte organisée à Jean-Jaurès concernait un enfant de l’école, décédé il y a deux ans.

L’école s’est engagée dans la collecte « Gones et Timouns » car elle présente les huit critères indispensables sur lesquels les représentants de Parents PEEP, les représentants de Parents FCPE et l’école Jean-Jaurès se sont mis d’accord il y a quelques années :

. Limitation : au maximum une action solidaire par an et par classe

. Consensus :
- accord, soutien et participation du Directeur.
- accord, soutien et participation des Instituteurs.
- accord, soutien et participation des Représentants des parents d'élèves PEEP, FCPE et du Comité des Fêtes.
- accord, soutien et participation des élèves.

. Proximité : elle a un lien étroit et proche avec l'école : concerne des enfants scolarisés à Jean-Jaurès, est organisée par des Parents de Jean-Jaurès : aucun intermédiaire public ou privé.

. Neutralité : aucun partenaire ou sponsor, public ou privé.

. Discrétion : pas de médiatisation.

. Liberté : liberté totale et  proclamée à tous les Parents, de ne pas participer à la collecte. Pas de pression sur les enfants, ni sur les Parents à travers leurs enfants. Anonymat des dons.

. Transparence  : compte rendu précis et détaillé diffusé à tous les parents, à la fin de l'action.

. Apprentissages : retombées pédagogiques dans les classes, avant, pendant et après.

 

 

 

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