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Gadgets !

 

 Journées sans voitures : assez de gadgets !

La mode du jour et les relations publiques dictent trop souvent les politiques locales. Nous avons déjà dénoncé le ridicule de l’élection d’une Marianne de circonstances par l’Association des maires de France ; c’est la même rigueur qui nous conduit à protester contre les lamentables "journées sans voiture". Dans les quelques villes qui s’y sont aventurées, surtout pendant les jours ouvrables, le mécontentement fut général, à l’exception de quelques lobbies de cyclistes et de trois écologistes démodés. Les Français n’aiment pas qu’on leur dicte leur conduite, qu’on les englue dans les encombrements, qu’on les empêche de travailler sous prétexte de les "éduquer" ! Le principal argument de ces journées serait en effet "pédagogique". Est-il nécessaire d’instaurer la pagaille pour nous enseigner que marcher pollue moins que l’automobile, et, qu’à condition d'être en bonne santé, le vélo est aussi un instrument de transport ? Nos concitoyens sont-ils bêtes au point qu’il faille les faire souffrir pour les former aux éléments de base de la nouvelle science de l’écologie ?

La leçon aura été d’autant plus contre-productive que, le lendemain, tout est revenu comme avant, puisque ces journées sans voiture sont des coups médiatiques sans aucun suivi pratique. Le malheureux dont le temps de transport aura été doublé par la journée sans voiture aura donc retrouvé sa voiture - avec jubilation - ou son transport en commun, sans aucune amélioration.

Ce qui ne signifie pas qu’il ne faille rien faire. Au contraire, beaucoup pourrait être entrepris qui ne serait pas de la poudre aux yeux. Ainsi, en Allemagne, la ville de Brême met-elle à disposition des voitures de location sur des parkings dispersés en ville, où chacun peut se servir avec une carte magnétique, en fonction de ses besoins du jour ; on est débité sur son compte après restitution du véhicule. Après deux ans, 10 % de la population du centre a renoncé à posséder une voiture particulière. Ceci, entre autres, est une véritable politique ; exactement l’inverse des gesticulations auxquelles nous venons d’assister chez nous.

2 avril 2008 Guy Sorman

Pedibus : assez de gadgets !

Lundi matin, j’ai croisé dans la rue un « Pédibus ». Késaco ? Une trouvaille étonnante ! Autrefois, les parents accompagnaient leurs enfants à l’école, à pieds ou en voiture (un moment privilégié entre la mère ou le père et son enfant), et parfois aussi les enfants de leurs voisins, sans demander l’aide de personne (la vraie solidarité). Il arrivait même que les enfants aillent tout seul à l'école, stupéfiant, non ?

Aujourd’hui, certains organisent des « Pédibus » (avec l’aide de leur mairie… Vive le collectivisme dès 8h du matin !) : un parent en tête de cortège, derrière lui quelques enfants en rang, et un autre parent pour fermer la marche et surveiller les gones… L'idée même qu’il faille créer un « Pédibus » pour marcher en ville est comique, voire ubuesque… mais où j’ai explosé de rire, c’est en constatant que le parent de tête et le parent de queue portaient un gilet jaune fluo ! Après enquête, il paraît que c’est la règle pour un « Pédibus ». Parfois même, à l'approche de Noël, les enfants s'entourent par dessus le gilet, de guirlandes ou d’un collier de boules multicolores, et les parents « conducteurs de ligne » (sic !) revêtent une tenue de circonstance (un bonnet de Père Noël !). Comme quoi l’infantilisation n’a pas de limite… et le ridicule ne tue pas.

Et un « Pédibus » qui réunit beaucoup de passagers donne ce résultat en forme de chef-d'œuvre : moins de voitures à proximité de l’école, pollution déplacée ailleurs (mais toujours là), rues moins encombrées, voitures qui roulent plus vite, abords de l’école plus dangereux… Bravo !

D'après Françoise Simpère - 13 décembre 2011   John Rubar Bayle

 

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